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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2006-02-28

Le devoir de volupté

Ne cherchez pas cette expression avec Google, je ne l’y ai pas trouvée. Je l’ai entendue de la bouche d’André Beauchamp et elle m’a fait réfléchir. Une bonne manière d’entrer en Carême est d’approfondir la notion du devoir de volupté. Ce mot est un synonyme de «plaisir», «joie», «agrément».

Le devoir de volupté ne veut pas dire une course au plaisir, mais que nous sommes faits pour le bonheur. Quelle insulte à la Bienheureuse Trinité que de croire qu’on a été créés à son image pour être des souffreteux! L’être humain est capable de jouir de la vie, qu’il cueille donc les joies qui se présentent et qu’il en profite, avec gratitude, sobriété, moralité et générosité!

La cuisinière qui prépare un bon repas trouve sa joie dans le plaisir que sa famille en retire, elle se réjouit de leurs marques de reconnaissance. Le Père trouve plaisir à voir ses enfants apprécier les belles et bonnes choses dont la création est truffée. La beauté de la nature et de la culture (les humains qui s’essayent à faire du beau et du bon eux aussi) éveille chez nous des sensations qui dépassent les sens. Le corps jouit, mais l’âme encore plus. La reconnaissance est la première forme d’amour divin ou humain. On aime et on s’attache à ceux qui nous font goûter de la joie. Il faut savoir dire merci à Celui et à tous ceux qui nous apportent du plaisir.

La sagesse populaire répète: «Il ne faut pas abuser des bonnes choses.» Manger du chocolat est un plaisir, mais trop en manger donne mal au cœur. La lecture apporte de l’agrément, mais, après trop de pages et d’heures, la fatigue mentale s’y met. Jouer au hockey est revigorant, mais à la longue c’est épuisant. Le plaisir d’une activité se gâte si on exagère. C’est mieux de déguster un seul bon café que d’en avaler cinq tasses sans même y penser. La santé est dans la modération, la volupté aussi. On sait bien qu’on peut abuser du plaisir de la table, mais on peut aussi abuser de la lecture, de la musique, du sport, etc.

Je vous fait la morale en associant volupté et moralité. Le plaisir vient d’une expérience du beau, du bon, du vrai. À une certaine hauteur, ces trois domaines finissent par se confondre. Pour qu’un plaisir soit sans mélange, il se doit se trouver dans des choses et des activité qui correspondent à notre vraie nature et aux valeurs humaines qui ont fait leur preuve. Il faut bien admettre que le lien entre valeurs et volupté est vrai même si les valeurs sont faussées: l’ivrogne déguste avec plaisir l’alcool qui est pour lui un poison. De plus. ce qui est perçu comme bon pour une personne est source d’agrément pour cette personne, mais pas nécessairement pour le voisin: cette musique fait vos délices, alors qu’elle me gratte sur les nerfs.

Comment allier volupté et générosité? La joie partagée est plus que doublée. Un repas délicieux est encore meilleure en bonne compagnie. «Goûte comme c’est bon!» «Viens voir le beau coucher de soleil!» «As-tu lu ce livre?» «Écoute bien cette chanson.» C’est tout naturel, comme instinctif, de vouloir partager un plaisir sensuel ou esthétique. Si une joie en vaut la peine, elle vaut la peine d’être partagée. Si on se décidait résolument à partager ses plaisirs, on viendrait de trouver une bonne façon de faire Carême.

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