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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2005-12-24

Bravo pour les crèches

La crèche est une invention magnifique, car elle transmet de génération en génération, de façon visuelle, le message d’amour de Dieu qui s’incarne, du Tout-Puissant qui devient le tout-petit et qui veut qu’on prenne soin de Lui. Je me suis amusé à voir des triades dans la crèche aux représentations si diverses.

Évidemment, il y a la sainte famille de Marie, Joseph et l’Enfant divin. Leurs visiteurs sont les anges, les bergers et les mages. On ne dit pas que les anges étaient présents à la scène de la Nativité, mais ils sont tellement impliqués dans les autres récits autour de la naissance qu’ils ont bien dû être là. Les bergers (pauvres) sont mentionnés par Luc et un message par un ange les conduit à la crèche dans la nuit de la naissance. Il semblerait que la visite des mages (riches) ait eu lieu plus tard, quand la petite famille se fut installée un peu plus confortablement dans une maison, comme le dit Matthieu: «Entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie.» (Mt 2:11)

Les soi-disant roi mages sont souvent et traditionnellement au nombre de trois. L’Évangile ne donne pas de chiffre, mais parce qu’il y a trois cadeaux (l’or, l’encens et la myrrhe), on a vite présumé qu’il y avait trois voyageurs et on leur a attaché divers symbolismes. J’aime celui que j’ai appris dernièrement: un des mages n’avait pas de barbe, l’autre avait une barbe noire et le troisième avait une barbe blanche, représentant ainsi les trois ages de la vie, donc les humains de tout âge.

Les trois cadeaux ont difficilement pu échapper eux aussi à l’ajout d’un sens symbolique. Parfois les présents veulent dire quelque chose de Celui qui les reçoit, comme chez saint Irénée: à la fois Roi (or), Dieu (encens) et Rédempteur par sa mort (myrrhe). Parfois, ils sont le signe des dispositions de ceux qui les offrent: notre amour (or), notre nostalgie (encens), nos souffrances (myrrhe), selon Karl Rahner. Chacun peut y apporter son propre sens.

Je remarque trois animaux: le bœuf, l’âne et les moutons. Ce n’est pas mentinné dans le récit, mais c’est inévitablement inclu dans l’image que l’on se fait de la scène. Les chameaux (une quatrième sorte d’animal, ce qui dérange mes triades), pas plus que le boeuf et l’âne, ne sont pas mentionnés dans le texte. Par contre, certains versets du prophète Isaïe sont très suggestifs: «Un boeuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître.» (Es 1:3) «Un afflux de chameaux te couvrira, de tout jeunes chameaux de Madiân et d’Eifa; tous les gens de Saba viendront, ils apporteront de l’or et de l’encens, et se feront les messagers des louanges du SEIGNEUR.» (Es 60:6)

Trois éléments importants présent dans le décor sont l’étoile, l’étable et la mangeoire. L’étoile, logiquement, faisant partie de l’histoire des mages, ne devrait pas être là au moment de la naissance, mais la crèche qui ne serait pas surmontée de ce luminaire serait bien mal vue. L’étable si fermement ancrée dans notre imaginaire était peut-être une caverne. Cet abri pour le bétail est une déduction qui se rattache à la fameuse mangeoire (=crèche) qui, elle, est mentionnée trois fois dans le texte de Luc. Des prédicateurs aiment faire des liens entre Jésus Pain de vie, la mangeoire et le fait que Bethléem signifie «maison du pain».

Qu’on recherche un sens symbolique aux divers éléments de la crèche ou qu’on se contente de se laisser imbiber par la poésie qui s’en dégage, on est devant une proclamation de la Bonne Nouvelle de Dieu qui se fait proche, qui se fait Emmanuel (Dieu-avec-nous).

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