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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2005-09-20

Katrina

Les images et les textes ayant trait aux dommages infligés par l’ouragan Katrina s’estompent dans les médias. L’épreuve de la Nouvelle-Orléans est sans contredit l’événement marquant du dernier mois. Les dommages occasionnés par le passage de Katrina sont plus que considérables et affectent adversement des millions de gens. La vie de plusieurs familles est changée à tout jamais par la perte d’un être cher ou de leur foyer ou de leur gagne pain, parfois des trois. Beaucoup vont refaire leur vie ailleurs.

Les images de destruction matérielle et de misère humaine que la télévision et les journaux nous ont relayées sont navrantes. La tâche de reconstruction s’étendra sur plusieurs années. Pour le moment, l’aide à apporter aux victimes est la priorité et les autorités semblent débordées. L’aide s’est organisée, mais l’ampleur des besoins est sans précédent. Le terme de «réfugiés» ou de «rescapés» est malheureusement juste.

La constatation que l’anarchie et le chacun-pour-soi se déchaînent rapidement dans une situation de crise nous donne une triste opinion de notre nature humaine. Nul doute que bien des gens y auront trouvé l’occasion de pratiquer la patience et la retenue, le civisme et l’entraide ou même un héroïsme exaltant, mais cela ressortait moins des bulletins de nouvelles.

La topographie particulière de la ville sinistrée, sise sous le niveau de la mer, protégée de l’inondation par des digues (les «levées») et dépendant d’un système de pompes pour drainer les excédents d’eau, font que la force destructrice de l’ouragan a s’est exercée d’une façon effroyablement spectaculaire.

Dans la région d’Ottawa et dans tout le continent nord américain, un effet immédiat s’est fait sentir. Le prix de l’essence qui avait déjà brisé la digue du 1 $ avant que l’ouragan Katrina touche la terre, risque de grimper car les détaillants d’essence et leurs fournisseurs savent bien que les puits du golfe du Mexique sont pour le moment fermés. Si nous n’avons pas le choix de payer pour remplir notre réservoir, il est probable que nous aurons moins d’argent à dépenser ailleurs. À cause de Katrina nous devrons nous resserrer la ceinture. Les denrées qui nous viennent du sud en hiver seront plus chères.

Je veux me servir de ma boule de cristal pour anticiper deux conséquences. C’est flou mais c’est sombre. En premier lieu, les verts (les activistes environnementalistes) vont mettre le blâme sur le réchauffement de l’atmosphère à cause de l’effet de serre dû aux émissions de gaz carbonique. Les média sont presque unanimes à prêcher cette doctrine qui est loin de faire l’unanimité chez les scientifiques. Je prévois une recrudescence d’articles et d’émissions qui vont militer pour plus de «responsabilité» de ce côté. Au point où les politiciens vont se joindre à la parade afin de conserver la faveur populaire, sans tenir compte des véritables données scientifiques.

Deuxièmement, le désarroi, pour ne pas dire l’incompétence des instances gouvernementales devant l’ampleur des mesures à prendre devant un désastre sans précédent va servir d’argument pour la mise en place d’une plus grande autorité gouvernementales. Les politiciens vont demander plus de moyens financiers et de pouvoir gouvernemental afin d’être mieux en mesure de gérer des désastres semblables. On gouverne par la peur. Si l’ennemi est diffus (le terrorisme, la nature) cela exige des «mesures de guerre» encore plus vastes que s’il s’agissait d’un conflit armé. La population acceptera une diminution de ses droits civiques et de nouvelles formes d’ingérence gouvernementales en échange d’un sentiment de sécurité induit par un encadrement plus rigide. Ce ne sera pas un totalitarisme flagrant mais un contrôle envahissant dans divers domaines. Qui vivra verra.

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