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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2006-03-20

Qui est le patron de la justice sociale?

C’est quasiment une légende urbaine. J’ai lu en quelque part que saint Joseph était le «patron de la justice sociale». J’ai cherché sur Internet pour confirmer ce qui pour moi était du neuf. J’ai trouvé beaucoup de sites qui affirmaient que saint Joseph était le patron de la justice sociale (en plus d’être le patron de nombreux pays, d’associations ou de catégories d’individus). Quel homme occupé! Une chance qu’il soit travaillant…

J’ai découvert deux choses. Certains sites disent que c’est Pie XI qui a fait de saint Joseph le patron de la justice sociale. D’autres sites disent, avec peut-être plus de justesse dans le propos, que saint Joseph est le patron de ceux et celles qui travaillent pour la justice sociale. J’ai cherché en vain pour une documentation plus précise. C’est comme si tout le monde se contentait de répéter ce que tout le monde dit, sans vérification, ce qui est l’essence d’une légende urbaine. Pour le moment, je vais présumer que c’est vrai, mais j’aimerais quand même savoir quand, à quelle occasion et (surtout) pourquoi le pape Pie XI a désigné saint Joseph comme patron des personnes qui oeuvrent pour la justice sociale?

En attendant, je vais essayer de préciser ce qu’on pourrait entendre par «justice sociale». J’ai en main le Compendium de la doctrine sociale de l’Église qui devrait aider. En fait c’est comme chercher un arbre dans une forêt tellement cette somme est riche et touffue. Je ne trouve pas l’expression «justice sociale» dans la table des matières, mais il y a une page (les numéros 201 à 203) qui définit la justice et qui donne des pistes pour cerner la nature de la «justice sociale».

La justice sociale est la justice qui régit les relations humaines selon les critères de la loi naturelle. Pour mieux comprendre cette définition, il faut définir les termes. La justice est la vertu qui incite à rendre à chacun ce qui lui est dû. Les relations humaines englobent des dimensions économiques, politiques, légales, sociales, culturelles, écologiques, etc. On dit loi naturelle pour souligner que les lois humaines ne sont pas de simples conventions, mais qu’elles devraient idéalement être enracinées dans une connaissance de la nature profonde réelle de l’être humain.

Une difficulté se présente immédiatement. Quand on pense «justice», on pense aux lois, au Droit et aux droits. Les diverses Chartes qui définissent les droits des humains ont souvent un substrat idéologique plutôt que philosophique. Il y a de grandes difficultés à concilier l’égalité, la légalité et l’équité.

L’inégalité sociale que l’on constate résulte du fait que certains sont «plus égaux que d’autres», comme le dit la boutade. Si on parle de justice sociale, c’est pour réagir au fait qu’il y a des injustices sociales. L’idéal d’une société juste serait celui d’une société où chacun aurait sa place au soleil, aurait accès aux mêmes ressources. Au départ, chacun devrait avoir les mêmes chances de réussir. Il faut cependant être assez réalistes pour comprendre qu’avec des ressources initiales égales certains iront plus loin, car le talent n’est pas distribué également. L’inégalité naturelle des chances devrait-elle être corrigée, comme on le fait dans certains sports, avec le concept de «handicap» (= une épreuve sportive où un désavantage est imposé aux meilleurs afin d’égaliser pour tous les chances de vaincre)? Mais est-ce que ce serait «juste» envers les meilleurs de les pénaliser ainsi?

Je crois que ce début de réflexion devrait aboutir à poser à côté du concept de «justice sociale» celui de «solidarité humaine», tout comme on pose la «charité» à côté de la «justice».

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