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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2008-07-31

Suradorable

Une de mes récompenses pour avoir assisté au Congrès eucharistique international 2008 à Québec est un souvenir que je m’y suis acheté, le volume «Il suffit d’une foi / Marie et l’Eucharistie chez les fondateurs de la Nouvelle-France», publié chez Anne Sigier par un groupe de cinq spécialistes sous la direction de madame Thérèse Nadeau-Latour. Comme le titre l’indique, il s’agit d’une série d’études sur la foi mariale et eucharistique de nos fondateurs : les premiers Jésuites, Marie de l’Incarnation, Catherine de Saint-Augustin et François de Laval.

J’avance dans ma lecture, étant présentement en compagnie de Marie de l’Incarnation avec madame Nadeau-Lacour comme guide. Après avoir exploré la relation de Marie Guyart avec la Vierge Marie, elle présente une analyse de sa spiritualité eucharistique. Il y a de nombreuses et longues citations tirées des Relations et de la Correspondance.

J’ai été frappé par l’usage du mot «suradorable» que j’ai remarqué dans les expressions «suradorable Sauveur» et «suradorable Verbe Incarné». Ce mot jusqu’alors inconnu pour moi dont le sens est évidemment superlatif, «très adorable», «extrêmement adorable» m’incita à faire une recherche dans Google. Marie Guyart n’est pas la seule de son époque à se servir de ce mot, mais l’usage en est fréquent chez elle. Je relève, en vrac :

- unité suradorable, ineffable, incompréhensible

- le suradorable Esprit de Jésus

- le suradorable Coeur de Jésus

- cette suradorable Personne

- ce divin et suradorable Maître

- le suradorable mystère de la très sainte Trinité

- cette suradorable Majesté

- mon suradorable Époux

Voici quelques éléments qui m’ont frappé au sujet de la foi et de la pratique eucharistique de Marie Guyart. Elle communiait chaque jour à une époque où cela n’était pas du tout usité. Ses expériences mystiques étaient si vives que l’on peut se demander si sa foi n’était pas devenue une certitude. Je cite : «Quand tout le monde ensemble lui aurait dit que celui qui est dans l’Hostie n’est pas le suradorable Verbe Incarné, elle mourrait pour assurer que c’est lui.» (Relation de 1654). Comme Mère Teresa, elle refaisait ses forces usées au service du prochain dans la sainte Communion et au pied du Saint-Sacrement. Pour elle, le Christ eucharistique est l’aliment de sa vie intérieure et de sa vie apostolique.

De nos jours, on ne prise pas la voie spirituelle de la victime («Je me suis donnée à Dieu pour victime»), mais, si on cherche à comprendre, on s’aperçoit que c’est pour Marie Guyart une manière de s’unir au Sacrifice de Jésus qui est oblation, don de soi parfait, Elle-même exprime clairement son intention : «M’offrir en continuelle hostie au Père Éternel sur le cœur de son Bien-aimé Fils.» Vers la fin de sa vie, elle insiste : «Je ne veux ni pour vous ni pour moi qu’un perpétuel état de victime.»

Marie de l’Incarnation n’était pas le genre dévotions extérieures, mais elle révèle, à l’insistance de son fils Dom Claude Martin, la «Prière au Père Éternel par le suradorable Cœur de Jésus», prière qu’elle fait chaque soir pendant plus de trente 30 ans avant de s’endormir. En voici quelques extraits qui me frappent : «C’est par le Cœur de mon Jésus, ma Voie, ma Vérité et ma Vie, que je m’approche de vous, ô Père Éternel. […] Je fais en esprit le tour du monde pour y chercher toutes les âmes rachetées par le Sang très précieux de mon divin Époux, afin de vous satisfaire pour toutes par ce divin Cœur. […] Sur cet adorable Cœur, je vous présente tous les ouvriers de l’Évangile, afin que par ses mérites vous les remplissiez de votre Esprit-Saint.» (Pour le texte complet de cette prière dite «Prière apostolique», voir http://www.nosracines.ca/e/page.aspx?id=3919413.)

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