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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2006-04-10

Chinook

Le pardon est comme un chinook, ce vent chaud qui descend des montagnes au cœur de l’hiver de la rancune, du ressentiment, de la colère, du désir de vengeance. Cette semaine (du 16 au 23 avril 2006), le Citizen d’Ottawa soulignera la Semaine Sainte en présentant chaque jour un témoignage sur le pardon. Je trouve ça merveilleux.

Il y a tellement de romans et de films qui ont comme ressort principal une entreprise de vengeance. Combien y en a-t-il qui font écho à la parole de Jésus: «Père pardonne-leur, il ne savent pas ce qu’ils font»? La Parole de Dieu nous convie à pardonner à tous ceux et celles qui nous ont fait du tort, mais ce n’est pas nécessairement facile et on ne nous donne pas beaucoup de conseils comment faire.

J’ai trouvé éclairante la méthode REACH proposée par Everett Worthington, un chercheur qui se spécialise dans la science du pardon. Le pardon, la compassion et la réconciliation font partie de mon héritage chrétien. Les cinq étapes de REACH sont psychologiques, mais elles rejoignent le message biblique.
R- pour Remémorer, rappeler, revivre sa blessure. C’est comme en crever un abcès afin qu’il puisse mieux guérir. C’est permettre à la lumière et à l’oxygène de détruire les germes de mort.
E- pour Empathiser avec la personne qui nous a fait mal. (Empathie = capacité de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui/elle.) Essayer de comprendre/s’expliquer pourquoi cette personne nous a blessé, essayer de se mettre dans ses bottes, de comprendre ses antécédents. Le dicton dit vrai: «Tout comprendre c’est tout pardonner.»
A- pour Accorder, par une décision de la volonté, une remise de la dette. Décider de ne pas se venger, de ne pas garder rancune, de ne pas exiger de réparation, de me pas en vouloir, de ne pas garder volontairement de crotte sur le coeur. C’est unilatéral, ça ne dépend pas si l’autre personne veut/peut se réconcilier ou pas, si elle est vivante ou accessible, si elle a du regret ou si elle a changé. De mon côté, je décide de tout effacer.
C- pour Confesser publiquement sa décision de pardonner. Dire sa décision à un témoin, s’engager devant la société à pardonner, aide à garder fermée la porte du pardon ou à la refermer si elle vient à se rouvrir.
H- pour Habituer, entraîner vos émotions à s’enligner avec votre décision. Votre décision est prise, elle est sincère et elle se veut définitive. Mais la nature humaine est ainsi faite que la mémoire et les émotions ne suivent pas toujours volontiers la volonté. Il faut répéter cette décision avec ténacité et douceur pour que le changement d’attitude devienne une habitude (que vos émotions prennent le pli de la bienveillance). La décision du pardon n’entraîne pas nécessairement immédiatement la guérison des émotions. Une démarche de réconciliation serait une prochaine étape qui pourrait rétablir l’équilibre émotif.

Ma femme souligne avec raison que des fois les petites choses sont plus difficiles à pardonner et à oublier que les grandes. On a tous des crottes sur le cœur qui ne veulent pas s’en aller. Nous aimons parfois mieux porter le fardeau purulent d’une blessure impardonnée que faire l’effort de pardonner. Tel geste qui vous faitencore mal était peut-être inconscient de la part de la personne et elle l’a peut-être déjà complètement oublié, alors que vous continuez de ronger l’os du mécontentement, plutôt que d’entreprendre une démarche de pardon qui vous libérerait, qui vous soulagerait. Ça fait du bien d’être pardonné Des fois ça en fait encore plus de pardonner.!

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