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--- Réflexions personnelles en marge de mon actualité, à la mémoire de Jean Paul II --- Blogue catholique francophone ---

2007-04-03

Obéir à sa conscience

Je profite de l'anniversaire de l'entrée dans la gloire de Jean-Paul II pour partager mes réflexions sur la désobéissance civile. Ma conviction se résume en une phrase: «Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.» (Ac 5,29) Pour éviter de nommer Dieu, on pourrait paraphraser: «Il faut que j'obéisse à ma conscience plutôt qu'à des lois que je juge iniques.» Dans la mesure du possible, il faut obéir aux divers gouvernements qui sont là pour protéger le bien commun. Je ne sais pas comment les choses en sont venues là, mais, parfois, il y a une divergence qui s'installe entre les valeurs fondamentales que l'Église de Jésus enseigne et ce que la loi civile requiert en certaines circonstances.

Je suis fier d'appartenir à une Église qui clame haut et fort la dignité de la personne humaine, le respect et la défense de la vie humaine (de la conception à la mort naturelle), qui affirme avec constance la valeur du mariage et de la famille, ainsi que la responsabilité parentale dans l'éducation des enfants. Ce sont des valeurs fondées sur la nature humaine et ces valeurs sont non négociables. Tout vrai disciple du vrai Jésus se doit d'adhérer à ces principes, au prix de la persécution, parfois jusqu'à la mort.

Si, en conscience, je juge qu'une loi est injuste, mon devoir est de ne pas m'y soumettre et de tout faire pour la faire changer. Un relativisme pernicieux prétend que «la» vérité n'existe pas et qu'il n'y a que «des» vérités. À chacun sa vérité et les vaches seront bien gardées! On est tolérant pour tout, au point d'être intolérant pour ceux qui refusent de tout tolérer. La tolérance est intolérante pour ceux qui croient qu'il y a une vérité universelle, qu'il existe des valeurs absolues, incontournables.

La liberté de conscience est un droit fondamental, inaliénable. J'ai le droit de choisir par moi-même ce qui m'apparaît le mieux, sans qu'on me contraigne à choisir ou à ne pas choisir. Certaines sociétés et certains secteurs de la société ont peur ce ceux et celles qui savent choisir en toute liberté, selon leurs valeurs personnelles, car ils se posent en ennemis de la toute-puissance de l'état.

Il faut dire que le domaine des valeurs et malléable. Selon mes circonstances de vie, selon mes expériences, selon les influences des médias, des maîtres que j'écoute, mes valeurs vont évoluer, se dévaluer ou s'affiner. Je dois donc de former et purifier ma conscience au mieux de mes possibilités. Je dois aussi respecter la conscience des autres et exiger que la mienne soit respectée.

Il y a évidemment des limites à la liberté d'action. Les actes criminels ne doivent pas être tolérés. La difficulté apparaît quand on demande à une personne d'accomplir de par son travail une action permise devant la loi, mais qui va à l'encontre de la voix de sa conscience. Cela peut arriver plus souvent dans le milieu médical où des décisions qui vont à l'encontre de la vie se prennent trop souvent et où on veut imposer la complicité d'actes inhumains aux travailleurs du milieu. Dans plusieurs sociétés, l'avortement et l'euthanasie se présentent comme des «biens», entérinés par la loi, de sorte qu'il est difficile de s'insurger contre l'idéologie qui a favorisé cet état de choses. Par exemple, une infirmière peut avoir à lutter jusqu'à perdre son emploi, si on exige qu'elle prenne part à un avortement.

En fin de semaine, l'abbé Delvida Leblanc nous a raconté l'histoire vraie des «martyrs du dimanche» (je n'ai pas retrouvé l'expression dans Google). Comme à notre époque dans les pays communistes ou totalitaires où la pratique de la religion chrétienne était (est) hors-la-loi, ces martyrs d'Abilène (en 304, à Chaoud, en Tunisie) ont été arrêtés, jugés et condamnés à mort parce qu'ils se réunissaient le dimanche pour célébrer l'Eucharistie, ce qui était contre la loi de l'empereur: le prêtre Emeritus répétait «Sine dominico non possumus. Sans le dimanche, nous ne pouvons pas vivre.» Si un jour, être chrétien fait de moi un hors-la-loi, je vais sûrement être condamné, parce que je vais continuer d'essayer de vivre et de proposer mes convictions de disciple de Jésus par mes actes, mes paroles et mes écrits.

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